« Cette nuit-là quand je suis rentrée, j’ai trouvé la maison noire et silencieuse, et la chambre était fermée à clé. »

A l’abri de rien

d’Olivier Adam

Editions de l’Olivier 219p.

Quatrième de couverture :

Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie. Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « Kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville. Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours. Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.

Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

Avis personnel :

Ce livre traite des conditions de vie des réfugiés ainsi que de ce qui se passe à l’intérieur de la tête de Marie. Le premier sujet n’est traité au final que comme une toile de fond. Le thème principal reste Marie. Marie et ses problèmes.
Cette femme est mariée à Stéphane, un chauffeur de bus, footballeur refoulé. Ils ont deux enfants : Lucas et Lise. Une famille comme les autres qui vit dans une banlieue comme les autres.
Marie est fraîchement licenciée. Elle s’ennuie chez elle, ne fait rien, ne pense à rien, oublie tout. Et puis un jour, elle commence à aider dans un centre pour réfugiés (Kosovars, Kurdes…) et rencontre Isabelle.  Marie délaisse peu à peu son mari, ses enfants et consacre tout son temps aux réfugiés. Argent, nourritures, vêtements… elle ne garde rien pour elle.

J’ai aimé ce livre car au lieu de ne parler que des obsessions de Marie, Olivier Adam s’attarde aussi sur ce que pensent ses enfants et son mari. Ils se rejettent mutuellement. Lise et Lucas sont profondément marqués par la nouvelle lubie de leur mère, de plus leurs anciens camarades de jeux ne les veulent plus comme amis et traitent Marie de « pute ». Le livre apporte un certain malaise : comment une mère peut préférer des étrangers à sa propre progéniture ? Il y a quelque part une leçon d’humanité dérangeante.
D’autre part, Marie est hantée par la mort de sa soeur. Trouve-t-elle dans le bénévolat un moyen d’oublier ? Ce qu’on sait, c’est que dans le roman, du début à la fin, plane une ambiance de folie permanente. Et qui sait jusqu’où mènera-t-elle…

En résumé, un roman inoubliable et quelque peu déprimant.

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Un commentaire pour « Cette nuit-là quand je suis rentrée, j’ai trouvé la maison noire et silencieuse, et la chambre était fermée à clé. »

  1. petitepom dit :

    j’ai bien aima ce roman et pourtant je reproche à cet auteur des fins tristes ou inachevées

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